Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 15:00
- Publié dans : Adultes

ou Chronique d'un plaisir de lecture avorté...
Sur des conseils certainement bien intentionnés (oui oui vous deux, vous allez vous reconnaître!), j'ai décidé de lire un roman de Jean Teulé. Le seul disponible était Mangez le si vous voulez. Le résumé nous indique qu'un dénommé Alain de Moneys, le 16 août 1870, décide de se rendre à la foire d'un village voisin. Il y arrive à 14h00 et deux heures plus tard il aura été "lynché, torturé, brûlé vif et même mangé" par la foule hystérique. Pour moi, à la lecture de ce résumé, l'intérêt était le pourquoi de ce crime. Le roman, lui n'est pas tant axé sur le pourquoi que sur le comment.
Donc voilà, je commence à lire: les premiers chapitres, je les trouve quelque peu insipides: bonjour à papa-maman, conversation prétexte à nous apprendre qu'Alain est adjoint au maire, que tout le monde l'aime bien, trajet vers la foire, re-conversation "on t'aime bien Alain" / "moi, Alain, j'aime tout le monde", discussion autour d'un projet de déviation d'un réseau hydraulique... et bla bla bla.
Arrivée à la foire. Et voilà qu'en deux pages on a le pourquoi du crime: un quiproquo idiot, où Alain De Moneys passe pour un pro-prussien. Et les coups de pleuvoir sur notre brave Alain (nous sommes en pleine guerre contre la Prusse, alors passer pour un pro-Prussien dans une foire de village où la population a bu plus que de raison, ça le fait pas trop).  A ce moment là ça a coincé pour moi: on est à la page 30. Il y en a 130. Etant donné que je connaissais du coup toute l'histoire: le pourquoi à la page 30, le comment via le résumé et la fin (puisqu'il est mangé, on se doute que le héros meurt). J'ai décidé de feuilleter la suite voir si par hasard le texte contenait une grande partie "après torture"... page 58, toujours des tortures; page 71 "le vieux Moureau fait tirer la tête d'Alain à coups de pierre"; page104, Alain brûle... Ah! enfin page 107, le chapitre s'intitule "Le lendemain". Mais je n'ai pas envie de parcourir les 70 pages qui me séparent du "lendemain".
Je me suis alors posée la question ultime: pourquoi lire ce livre? Réponse: je n'ai pas trouvé de raions alors je ne l'ai pas lu. L'histoire est réelle et s'est bien passée dans le village de Hautefaye. Ce crime est horrible, la barbarie humaine à son apogée y est décrite. Peut-être de bien belle façon. Pour ma part, je ne vois pas le plaisir qu'on peut trouver à une description au détail près de ce genre d'horreur. J'ai seulement l'impression d'être devant un article de faits divers d'un journal régional: les faits rien que les faits, dans leur plus brute réalité.

Par laurence
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /Nov /2009 18:57
- Publié dans : Adultes

Roman compliqué, étrange. Au début, le complexe d'infériorité et les questions existentielles d'un traducteur. Il nous traduit en direct un roman américain, Translator's revenge en français. Son  but: prendre de l'importance, assouvir l'envie de remodeler l'histoire, de l'améliorer, l'écrire une seconde fois, changer le style, le vocabulaire, alléger le phrasé... Coincé sous la barre qui sépare l'écrivain de son traducteur, le texte de l'auteur des Notes du Traducteur. Ca commence ainsi. Et puis ça dérive. On pénètre dans le roman que notre traducteur traduit. Dans ce nouveau texte, un autre traducteur, David Grey, est aux prises avec un autre auteur, Abel Prote.
C'est là qu'il faut s'accrocher. Fantastique ou farfelu? les histoires se superposent puis se confondent, l'auteur nous balade d'un univers à l'autre, nous fait sauter d'une génératio à l'autre. Auteurs, traducteurs, éditeur, personnage de romans, tous se croisent, se rencontrent, s'aiment, se rêvent, les destins s'enchevêtrent. La Lolita de Nabokov nous rejoint, se confond avec Doris, femme belle et sans scrupule, chacun est tour à tour l'arroseur puis l'arrosé; passages secrets, intrigues et manipulations en tout genre, le tout se succède dans une écriture tortueuse mais pas désagréable.
Brice Matthieussent -qui a un sacré CV de traducteur: environ 200 fictions dont des livres de Jack Kerouac, Henri Miller, Charles Bukowski, Joyce Carol Oates... pour ne nommer qu'eux- a-t-il voulu par ce livre réhabiliter les traducteurs, trop souvent oubliés? Nous montrer comme un texte issu d'une autre langue que la nôtre est marqué par le style du traducteur, en porte son empreinte? 
En tout cas, on ne peut que lui reconnaître un talent certain d'écrivain.

Par laurence
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 11:39
- Publié dans : Bandes dessinées - Manga

Craig Thompson nous a livré sa jeunesse dans ce roman graphique dur et plein de sensibilté. Enfance malheureuse, brimades et agressions, mal être de l'adolescence, exclusion, et enfin rencontre du premier amour. Le tout pétri de ferveur (pour ne pas dire d'extrémisme) catholique. Autant dire des premiers pas dans la vie plutôt difficile à digérer. Mais Craig a la passion du dessin avec lui. Cette autobiographie pourrait faire partie de la longue liste de celles qui ont eu pour leurs auteurs une grande valeur thérapeutique mais pour le lectorar un intérêt littéraire que minime. Or le traitement en roman graphique de cette autobiographie lui donne toute sa force et sa dureté. Sans tomber dans le pathos. Et il en ressort finalement beaucoup de positif puisque Craig Thompson non seulement assouvit sa passion du dessin mais cette bande dessinée parue il y a quelques années a reçu de plus un accueil très chaleureux. Et quand on voit le nombre de pages (aux alentours de 580) on imagine bien la somme de travail pour l'auteur.

Par laurence
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