Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /Jan /2010 12:28
- Publié dans : Bandes dessinées - Manga
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1- Le combat ordinaire
2- Les quantités négligeables
3- Ce qui est précieux
4- Planter des clous


Le combat ordinaire, c'est une description simple, par le texte et l'illustration, de la vie et de ses difficultés, des batailles qu'elle comporte. C'est une description tellement réaliste qu'elle peut mettre mal à l'aise. Telle un miroir qui vous dirait: oui toi aussi, tu as rencontré ce problème et tu n'as pas trouvé la solution. Oui, toi ausi, tu as été face à des injustices et il a fallu se résigner. Toi aussi, tu as perdu quelqu'un de cher, mais la mort fait partie des règles du jeu, il n'y a pas d'autres issues, et la vie continue pour ceux qui restent. C'est dur et à la fois, c'est ordinaire.
Marco, le personnage principal, est loin d'être parfait. Ce n'est pas un super héros et son histoire n'est ni dramatique, ni fantastique. D'ailleurs, ce n'est pas vraiment son histoire que l'auteur nous raconte. C'est un peu notre histoire à tous.
Comment on tombe amoureux et ce n'est jamais le bonheur parfait. Parce que quand Il tient à son douillet célibat, Elle veut une maison à deux puis un bébé. Comment notre famille qui était nos parents devient une autre famille avec nos enfants. De la difficulté dans un couple de vouloir cet enfant au même moment et de celle de voir mourir ses parents.
Des regrets de certains et du pardon qu'on peut leur accorder. De la société qui met ses ouvriers à la rue, et des élections présidentielles.
Du bonheur qui est toujours un peu là et à la fois toujours absent.
De la difficulté pour chacun de trouver sa place.

Une bande dessinée drôle, attendrissante, émouvante, triste, compliquée... reflet de notre combat ordinaire à chacun.

Une suite est-elle prévue, je ne sais pas. J'aimerais bien quand même!


Par Le nez dans les bouquins
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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /Jan /2010 14:09
- Publié dans : Adolescents - Grands enfants
envol paradisOn nous présente souvent les choses d'une façon simple: les nazis sont arrivés au pouvoir et le peuple allemand a été subjugué et a cru aux arguments d'Hitler. Ou alors on nuance: ils ne savaient pas tout, ils ont été manipulés et surtout ils étaient dans un tel contexte qu'ils avaient besoin de solution  (pauvreté, chômage en masse...). Mais dans tous les cas, on noux explique rarement pourquoi cet engouement. Comment tous ces jeunes sont arrivés à croire au nazisme.

Et bien voilà un roman pour ados ou un peu plus jeunes, qui tend à nous expliquer, qui nous donne des pistes de compréhension. L'auteur prend le parti de nous raconter encore cette histoire, sous un jour totalement différent: Arthur est un jeune allemand dont le rêve est de piloter un avion. Ses parents ne sont pas des fervents d'Hitler, loin de là. Mais voilà, les jeunesses hitlériennes recrutent Arthur de force. Celui ci tente bien de résister, comme il peut, pour ne pas rentrer dans le rang. Mais Arthur est jeune, il ne reçoit plus les lettres de sa famille, il est coupé du monde et on lui fait miroiter le plus beau cadeau: Arthur pourra devenir pilote. Et puis il aime l'Allemagne et il a devant lui tant de faste...
Alors, est-ce si facile de dire non? Est-ce si facile de rester un esprit libre, de ne pas se faire manipuler?  Jean-Marie Defossez réussit un pari: se mettre dans la peau des victimes d'un endoctrinement. Nous décrire leurs émotions, l'évolution des sentiments d'Arthur. Il ne nous donne pas de réponse, il n'est pas question de culpabilité quant à la seconde guerre mondiale. Il est simplement question de ces gens que l'on a utilisé, à qui on a fait croire que le plus beau pouvait leur arriver.
Ce roman est de plus très bien construit, puisque l'auteur, avec l'évolution des sentiments d'Arthur en fil rouge, n'oublie pas les préoccupations de ses lecteurs: Arthur est amoureux, il se fait des amis...

Un roman plein de bon sens et totalement novateur dans son angle de vue.
Par laurence
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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /Jan /2010 16:20
- Publié dans : Adultes

 

jérôme lindonNoël est arrivé, ainsi que les cadeaux qui vont avec... et à force de suggestion très fine "oh que j'aimerai avoir tous les livres de Jean Echenoz", eh bien j'en ai eu une partie. Comme quoi, la subtilité, ça paye!

Et dans le lot, Jérôme Lindon. Ce n'est pas un roman, plutôt un dernier hommage. Pas vraiment un portrait, plutôt un recueil d'anecdotes. Ce n'est pas le texte à plus grande valeur littéraire de cet auteur, il n'en a pas même la prétention. C'est un texte simple, qui parle d'un homme pas simple, Jérôme Lindon. Un texte qui nous présente des moments de la vie, des facettes de la personnalité de ce Monsieur de l'édition. Un homme dur et généreux, un homme qui croyait en la littérature de qualité et qui fut l'éditeur de Jean Echenoz, qui a cru en lui et en d'autres grands auteurs alors que les autres maisons d'édition refusaient leurs manuscrits.

Pour parler un peu plus longuement du personnage:

Jérôme Lindon était un résistant dans l'âme. Jeune homme, il rejoint le mouvement de résistance Combat  et prend le maquis. En 1948, à seulement 23 ans, il prend les rennes des Editions de Minuit et continue à résister. Il incarnera dans le monde du livre l'anticonformisme et la contestation littéraire.

La politique de la maison est de publier des auteurs prestigieux mais pas forcément vendeur. Jérôme Lindon déclare même avoir été en crise financière jusqu'en 1956. Samuel Beckett dit de Lindon, quand celui-ci accepta de publier Molloy : "il est sympathique ce jeune homme, quand je pense qu'il va faire faillite à cause moi"!

Ainsi, il a été l'inventeur du nouveau roman, en publiant des auteurs tels que Marguerite Duras, Alain Robbe-Grillet ou encore Samuel Beckett.

En 1958, les Editions de Minuit vont jusqu'à éditer La Question d'Henri Alleg, qui dénonce les tortures pratiquées par les français lors de la guerre d'Algérie. Le livre est interdit.

Jusqu'au bout Jérôme Lindon se sera battu pour la loi sur le prix unique du livre, dont il est à l'origine. Il aura mené son combat au côté des librairies indépendantes, qu'il soutenait.

Jérôme Lindon recherchait la qualité littéraire et l'innovation avant la rentabilité à court terme et bien lui en a pris. Sa maison d'édition, aujourd'hui reprise par Irène, sa fille, est toujours bien en vie et publie de grands auteurs tels que Jean-philippe Toussaint, Antoine Volodine, Christian Oster, Christian Gailly... et tant d'autres que je vous conseille leur site internet. C'est là: Editions de Minuit

Le texte de Jean Echenoz, lui, nous parle de l'homme, dans une presque intimité. Son caractère, des détails. Certains détails touchants, d'autres qui ont sans doute contribuer à son succès. Ses manies, son caractère intransigeant et passionné. L'émotion de l'auteur, à la perte de son éditeur, transparaît tout au long du récit.

Petit extrait, qui m'a particulièrement marquée: "Qu'on n'aille pas croire que cet est froid, cassant, autoritaire, inaffectif, que sais-je, c'est tout le contraire. C'est juste qu'il s'émeut, qu'il se moque, qu'il s'enflamme et se réjouit autant qu'il peut s'indigner et se révolter. Qu'on ne pense pas non plus qu'il n'est pas sympathique, la questio n'est pas là, c'est un homme parfaitement aimable. La question, c'est qu'il a autre chose à faire qu'à être sympathique, la sympathie n'est pas son souci."


Je ne mettrais pas plus d'extrait, le texte est déjà court.

Pour écouter un interview de Jérôme Lindon à propos de Samuel Beckett, lors de l'obtention par celui-ci du Prix Nobel de littérature: c'est là

Sur cette photo:

Des auteurs du nouveau roman, entourant Jérôme Lindon

 

Alain Robbe-Grillet, Claude Simon, Claude Mauriac, Jérôme Lindon, Robert Pinget, Samuel Beckett, Nathalie Sarraute, Claude Ollier

photo: Mario Dondero 1959


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Par laurence
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